Dieu te regarde
toi, tout personnellement,
tel que tu es.
Il t'appelle par ton nom.

Il te voit,
il te comprend,
ne t'a t'il pas façonné ?

Il sait ce qui se passe en toi,
les pensées et les sentiments
qui te sont propres,
tes dispositions, tes goûts,
ta force et ta faiblesse.

Il te voit, en tes jours de joie
ou de tristesse.

Il lit sur ton visage
le sourire ou les larmes,
la santé ou la langueur.

Il regarde, il écoute
le souffle de ta respiration.

Tu ne peux t'aimer mieux
qu'il ne t'aime.

Cardinal John Henry Newman (1801-1890)





Vis le jour d'aujourd'hui, Dieu te le donne.
Il est à toi,
vis-le en lui.
Le jour de demain est à Dieu,
il ne t'appartient pas.
Ne reporte pas sur demain
le souci d'aujourd'hui.

Demain est à Dieu, remets-le lui.
Moment présent est
une fête passerelle.
Si tu la charge des regrets d'hier,
de l'inquiétude de demain,
la passerelle cède,
et tu perds pied.

Le passé ? Dieu le pardonne.
L'avenir ? Dieu le donne.
Vis le jour d'aujourd'hui
en communion avec lui.

Bernadette Coupey.



Le pire qui puisse arriver,
C'est de ne plus y croire,
C'est de laisser filer les choses,
C'est de se retirer dans sa coquille.
Et si tout n'était qu'illusion ?
Et si ma vie n'avait aucun sens ?
Même lorsque la tête se résigne,
Ne voit que des question sans réponse,
Une étincelle, venue de nulle part,
jaillit pour dire encore la vie, la vraie.
Taillons la mèche, protégeons la flamme,
Soyons nombreux pour partageons le feu.
Le jeu en vaut la chandelle !
C'est le Seigneur Jésus-Christ
Qui nous appelle, qui chemine avec nous,
Qui nous donne de vivre la proximité
Du Royaume de Dieu
Qui est à venir, qui est déjà là !
(adaptation personnelle)



La Parole est plus grande que nous, plus profonde que nous. C'est en elle que nous nous élevons ; c'est par elle,que nous nous abaissons. Elle est refuge pour l'exilé et exil pour le suffisant. Comment ferais-tu sans elle pour prier ? Comment ferais-tu sans elle pour pleurer ? pour espérer ? pour te justifier ? Quand tu es en danger, elle t'enveloppes, quand tu rêves, elle te protège du cauchemar. Laisse-la te pénétrer, t'abreuver. Donne-toi à la Parole car tu recevras d'elle ce que la vie a de plus beau, de plus généreux : le mouvement, l'élan qui te porte vers Dieu. Faites-taire les voies terrestres afin de mieux entendre mon pas quand je m'approche. Laissez-moi ôter le fardeau de vos épaules pour en faire mon fardeau et le porter pour vous. Et puis, là dans le silence, nous nous reposerons jusqu'à ce que vous vous sentiez plein de forces nouvelles.
Elie Wiesel



A nous qui sommes à la fois englués dans le quotidien, la fatigue, l'institution, les responsabilités, les projections et animés par l'appel et le désir de vie, accueillons la paix et le temps du repos comme une étape vers la source.
Malgré les pesanteurs, les incompréhensions, les solitudes, les violences, les mensonges, les lâchetés, les multiples complicités avec le mal, nous reconnaissons le oui, accompagnateur et créateur de la Parole qui engage notre confiance pour passer à la vie, le visage dévoilé de ceux qui savent se faire proche dans les rencontres, les interpellations, les amours, la flamme, vacillante ou passionnée, de possibles et de renouvellements.
Arrachons-nous donc d'entre les morts ! Passons, pas à pas, mot à mot, à l'espérance qui transfigure et éclaire !
Résistons aux résignations, aux pauvres, aux doutes !
Acceptons de perdre, de naître, et d'être accompagnés.
Geneviève Chevalley / Corina Combet-Galland
(adaptation de le 1ère épître de Pierre)


Heureux  les pauvres. Non pas les miséreux (car je n'ai pas fait l'homme pour la misère, dit Dieu), mais ceux dont la présence et la parole ouvrent un espace. Ils ne sont pas remplis d'eux-mêmes, ni avides d'autrui. Mais parce qu'ils sont attente de Dieu et accueil de l'autre, en eux le règne se reflète déjà.

Heureux  les doux. Non pas les résignés, mais ceux-là qui n'ont jamais cru posséder Dieu, ou la vérité, ou même l'Esprit. Leur foi est recherche, chemin, avance. L'avenir est à eux.

Heureux  ceux qui pleurent. Je ne dis pas : heureuse la souffrance (car le mal et la mort, dit Dieu, je suis contre ... qui prétend que j'exalte vos larmes ?). Mais depuis la croix, je ne déserte pas la douleur; je l'habite. Alors, heureux ceux qui accueillent la souffrance en sachant que Dieu vient au creux de leur cri.

Heureux   ceux  qui  ont  faim  et  soif  de  la  justice  de Dieu, et malheur aux repus qui n'attendent rien, ni de Dieu, ni  d'autrui.  C'est  la  faim  qu'il  faut  demander;  comme  une grâce.  Non  la  faim  de  goinfres,  prêts  aux  pires  injustices pour défendre  leur  droit, mais  la  faim  qui creuse. Faim de liberté, de justice et de tendresse. Pour soi et pour l'autre.

Heureux  les miséricordieux... mais comment pourrais-tu  l'être,  mon  ami,  si  Dieu  n'est  pas  descendu  en  toi  par-donner tes fautes et apaiser la morsure du remords  ?  Le pardon, il faut l'avoir reçu, pour le donner.

Heureux  les coeurs purs. Non pas les prudes, mais les transparents.  Ils  n'hésitent  pas  à  briser  la  loi  du  silence,  et savent  que  la  tiédeur  peut  être  un  péché.  Dieu  regarde avec plaisir les hommes de cette trempe.

Heureux  les artisans de paix. Non pas ceux qui se terrent, apeurés,  figés dans  la peur du conflit. Mais ceux qui mènent un dur combat contre tout ce qui divise et sépare : Dieu y reconnaîtra ses fils et ses filles. Si vous cherchez la tranquillité, je ne suis pas votre homme.

Heureux  ceux qui ont des ennuis parce qu'ils prennent la Parole au sérieux.  Je ne vous dis pas de chercher  le martyre  (je  me  méfie  des  fanatiques),  les  moqueries  viendront toutes seules. Mais sachez-le  :  j'ai  vécu, moi,  tout  ce que  je vous dis là. Ces promesses sont inattendues, mais elles sont vraies:  bien  d'autres,  avant  vous,  ont  expérimenté  ce  bonheur. 

Heureux  ceux qui tiennent bon.»  

Daniel Marguerat, Professeur de Nouveau Testament à Genève




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